Aimer c'est admirer. Comme une œuvre d'art que l'on regarde, qui vous transporte, et là s'ouvre un univers sans limites. Aimer, c'est la non-limite.
C'est contempler vivre une personne en voulant crier à chaque instant le bonheur qui vous envahit. Un bonheur qui n'a pas de fin, pas de nuance, pas de nuage.
Aimer c'est le ravissement face à un comportement, à une autorité qui agit, seule, autonome, unique. On ne peut aimer que l'unique.
Aimer c'est l'incommensurable écart entre la volonté de posséder, d'avoir à soi et son impossibilité car on ne l'aimerait plus.
Aimer c'est le vouloir mais c'est savoir en même temps qu'on ne le pourra pas. C'est ce dernier point qui créé une déception, la douleur que l'on sent dans le cœur en se disant qu'on l'aime. C'est ce qui créé l'absence de limites car jamais cette volonté de posséder ne se réalisera et le désir restera toujours intact.
L'amour est entretenu par la part de surprise, de spontané, d'unicité en chaque homme. Ce "vouloir à soi" relève d'une volonté d'ingérer l'Autre. C'est pour ça que cette volonté ne peut non plus jamais être réalisée, que ce soit vis-à-vis de l'œuvre d'art ou de l'homme. Cette immixtion se rapproche du "vouloir être comme". Non pas ces traits caractéristiques mais sa beauté en général. C'est vouloir toujours le contempler, voilà pourquoi ce désir de posséder.
C'est comme ça que j'aime...